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Bienvenue sur l'interface de consultation des registres matricules numérisés du département de l'Aisne !

 

Depuis le Moyen Âge, les milices populaires côtoient l’armée de métier. C’est le décret du 23 août 1793, commandant la levée en masse des citoyens de la République, qui inscrit la conscription de masse dans le marbre républicain en affirmant que « tous les Français sont en réquisition permanente ».

 

La loi Jourdan-Delbrel du 19 fructidor an VI (5 septembre 1798) codifie et organise le service militaire. Elle met en place la conscription pour tous les citoyens, célibataires ou veufs sans enfants, âgés de 20 à 25 ans, par ordre de classe. Ces conscrits sont recensés par communes et par cantons, puis reportés sur la liste départementale de conscription. La loi Jourdan-Delbrel est complétée, le 8 nivôse an XIII (29 décembre 1804), par un décret impérial qui introduit le conseil de révision et redéfinit le système du tirage au sort. Le décret introduit aussi l’inscription d’un numéro et la description sommaire du conscrit sur la liste de recensement.

 

À la chute de l’Empire, la conscription est d’abord abandonnée. Cependant, Louis XVIII est rapidement contraint de faire marche arrière afin de pouvoir disposer d’une armée suffisamment nombreuse pour répondre aux défis de son temps. En 1818, il demande à Gouvion-Saint-Cyr de porter une loi mettant en place un service militaire de 6 ans pour les appelés désignés au tirage au sort. Le remplacement onéreux est rendu possible ; les riches s’affranchissent ainsi du service militaire. La troupe, composée en majorité d’ouvriers et de paysans, forme un ensemble robuste, résistant et assez soumis.

 

Les guerres du Second Empire mettent en lumière les failles de ce système. Alors que Napoléon III remporte la victoire de Solferino, la Prusse menace la frontière du Nord-Est. L’Empire ne dispose alors d’aucune troupe de réserve à opposer à une éventuelle invasion. La Prusse, en revanche, pratique la conscription de masse et dispose d’une vaste réserve, la « Landswehr », qui contribue largement à la victoire de Sadowa en 1866. Napoléon III, convaincu depuis longtemps de l’utilité d’une conscription généralisée, essaie alors de l’imposer par la loi Niel. Malheureusement, celle-ci se heurte à une très forte opposition. L’échec de cette loi pèse lourdement dans la défaite de 1870. Retenant la leçon, le gouvernement français décide d’étendre le service militaire par la loi Cissey, en 1872.

 

Cette loi prescrit le recensement de chaque homme âgé de vingt ans dans sa commune de résidence, son passage en conseil de révision au chef-lieu de canton, puis son immatriculation relevée au registre des matricules du bureau centralisateur. Ce système perdure jusqu’en 1940.

 

Les Archives départementales de l’Aisne conservent les listes du contingent pour la période 1867-1871, soit 15 registres munis de table alphabétique. Ces listes sont réunies dans les trois bureaux de recrutement de Laon, Saint-Quentin et Soissons. Sur chaque page, on retrouve des informations d’état civil, une description physique, quelques informations médicales et les états de services de plusieurs conscrits. Ces cases, encore peu développées, se posent en ancêtre de la fiche matricule. Pour plus de simplicité, nous avons conservé l’appellation « registre matricule » pour les listes du contingent, l’immatriculation n’apparaît en effet qu’en 1872.

 

Le département de l’Aisne est doté, de 1867 à 1928, de 3 bureaux de recrutement :

- Laon, couvrant uniquement l’arrondissement de Laon ;

- Saint-Quentin, couvrant les arrondissements de Saint-Quentin et de Vervins ;

- Soissons, couvrant les arrondissements de Soissons et de Château-Thierry.

Puis 2 bureaux seulement pour l’année 1929 :

- Laon, couvrant les arrondissements de Château-Thierry, Laon et Soissons ;

- Saint-Quentin, couvrant les arrondissements de Saint-Quentin et Vervins.

Et enfin un bureau, celui de Laon, à partir de 1930 avec une compétence pour l’ensemble de département.

 

Les registres matricules et les tables alphabétiques sont librement consultables en ligne jusqu’en 1921 conformément à la délibération n° 2013-281 du 10 octobre 2013 de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Certaines fiches peuvent faire l’objet de plusieurs vues lorsque des retombes sont présentes1. Après 1921, les registres matricules sont uniquement consultables sur dérogation. Pour cela, il convient de formuler une demande de dérogation auprès des Archives départementales de l’Aisne et de prouver sa filiation afin de pouvoir consulter la totalité des informations contenues dans la fiche signalétique. Dans le cas contraire, les informations relatives à la filiation ou celles à caractère judiciaire ou médical sont occultées lors de la communication.

 

 

 



1. Feuille collée par sa lisière portant un projet de transformation, une variante ou une information supplémentaire.