Un poète mobilisé

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Alfred Migrenne est né le 5 avril 1847 à Bruyères-et-Montbérault. Bien qu’issu d’une famille modeste, il développe très tôt un goût pour la lecture et l’écriture. Il publie ses premiers poèmes au début de l’année 1870. En 1867, alors qu’il exerce le métier de bonnetier, il est recruté au bureau de Laon et versé dans le contingent départemental de la Garde nationale mobile.

 

Le 19 juillet 1870, la guerre franco-prussienne éclate. Quelques jours auparavant, le 15 juillet, l’appel de la Garde nationale mobile marquait l’entrée de la guerre dans le quotidien des Français. 450 000 hommes (ouvriers, chefs d’entreprises, hommes de lettres...) sont alors sous les drapeaux. Il faut les instruire, les équiper et les armer pour en faire des soldats. Alfred Migrenne est ainsi mobilisé et incorporé au 63e régiment de ligne envoyé à Toul.

 

La cité de Toul se définit alors comme une place forte de seconde ligne. Sa proximité avec Belfort, Metz et Strasbourg en fait néanmoins un point stratégique. L’armée française l’utilise dès le début du conflit comme dépôt pour les blessés puis comme grand parc de l’armée. Après leur victoire de Frœschwiller le 6 août, les Prussiens marchent sur Toul pour couper la ligne de chemin de fer Nancy-Paris et s’appuyer sur cette ville pour en faire une base arrière dans l’éventualité d’un siège de Paris.

 

À la veille de l’attaque prussienne, la garnison de Toul, commandée par le major Huck, compte 2 290 hommes dont 1 610 de la Garde mobile. L’attaque débute dans la nuit du 15 au 16 août. La défense se positionne sur les remparts de la ville. Pendant plusieurs semaines, les bombardements se succèdent. Ceux-ci sont toujours précédés d’une demande de reddition que le commandant Huck refuse à chaque fois. Les dégâts dans la ville sont considérables. Le 23 septembre, les bombardements reprennent, toujours plus meurtriers. Le Conseil municipal se réunit alors et demande l’arrêt d’une résistance désormais bien trop dévastatrice pour la population. Le Conseil de défense entend ce cri d’alarme et vote la capitulation de la place après 40 jours de siège.

 

Avec la capitulation de la ville, Alfred Migrenne est fait prisonnier et interné en Allemagne. Il rentre en France en juin 1871. En juillet de la même année, Il est envoyé en Algérie et participe à la campagne d’Afrique. Le 30 juin 1873, il passe dans la réserve de l’armée d’active puis devient réserviste de l’armée territoriale en 1882.

 

Décoré de la médaille commémorative de la guerre 1870-1871, sa détention en Allemagne lui inspire un roman intitulé La Route de France. Après la guerre, il s’oriente vers le journalisme puis devient bibliothécaire et archiviste au familistère de Guise. Il se passionne ensuite pour la Thiérache, rédige plusieurs articles sur l’histoire locale et publie des poésies dans la presse du département de l’Aisne. Au début du XXe siècle, il est élu conseiller municipal puis adjoint au maire de Guise. Il meurt dans cette ville le 10 mars 1937.