Le sport dans le régime de Vichy

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Le 10 mai 1940, l’offensive allemande sur les Pays-Bas, la Belgique et la France met fin à la « Drôle de guerre ». Le front français est enfoncé à Sedan et les Allemands pénètrent en France. Le 14 juin, ils entrent dans Paris. Le 22, l’armistice est signé par les représentants du IIIe Reich et ceux du gouvernement français. Le 10 juillet, les parlementaires votent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain : c’est le début du régime de Vichy qui concentre tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. Pétain veut bâtir une France nouvelle. Pour cela, il met en place une dictature.

 

L’éducation est un des axes de la « Révolution nationale » et une priorité pour le chef de l’État français. Il veut réformer le système éducatif responsable selon lui de la défaite de 1940. Il souhaite « forger un homme nouveau » capable de bâtir « la France de demain ».

 

La propagande devient un rouage essentiel du nouveau régime. L’idéologie de la « Révolution nationale » est véhiculée notamment par le biais d’affiches comme celle ci-dessus, éditée par le Commissariat général à l’éducation générale et aux sports. L’éducation physique est un thème très présent qui fait l’objet d’une attention toute particulière. Effectivement, selon Pétain, la formation physique des jeunes a été négligée et il souhaite y remédier afin de donner une place de choix à la jeunesse dans le redressement du pays. Le ministre, auquel est adjoint un secrétariat général, œuvre pour développer « l’enseignement général et sportif ». Les programmes scolaires sont refondus pour permettre la pratique du sport.

 

Cette affiche témoigne de l’importance du sport pour le régime de Vichy. Au premier plan, un homme, une femme et un enfant (référence à la « Famille » de la devise de l’État français « Travail, Famille, Patrie ») à la carrure athlétique exécutent le salut. L’image de la chevalerie est ici largement exploitée par Vichy avec cette phrase « Le sport cette chevalerie moderne » ainsi qu’avec le chevalier au second plan certes, mais inévitable de par sa taille. En effet, l’idéologie chevaleresque honore les vertus militaires, la « prouesse » c’est-à-dire les qualités physiques du combattant, sa hardiesse, son courage physique et moral ainsi que la loyauté, autant de valeurs que Pétain souhaite inculquer grâce à la propagande. Il faut également noter le détournement des anneaux olympiques réduits au nombre de trois et remis aux couleurs de la France. Ce détournement fait écho à la « Patrie » mentionnée dans la devise de Vichy.

 

Le manque de moyens financiers (nécessaires à la construction d’installations sportives ordonnée par Pétain), la sous-alimentation chronique des enfants qui empêche les exercices sportifs prolongés et suscite l’inquiétude des parents feront de ces initiatives en matière d’éducation sportive un échec.