Une succession presqu’ordinaire : hoirs et héritages de Louis Lucas de Nehou, directeur de la Manufacture royale des glaces de Saint-Gobain

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Le 12 juillet 1728, Louis Lucas, écuyer, sieur de Nehou, décède à la Manufacture royale des glaces de Saint-Gobain dont il est le directeur. Âgé d’environ 75 ans, il a consacré toute sa vie au verre, d’abord dans la verrerie familiale de Tourlaville (Manche) puis dans les verreries parisiennes de Bayeux et de Thévart et enfin à Saint-Gobain. C’est lui qui a délocalisé la verrerie parisienne pour l’installer au centre de la forêt de Saint-Gobain. Il dirigera par deux fois l’établissement lors de sa création puis plus longuement de 1711 à 1728. Maître verrier, il obtient dès 1688 des glaces coulées de grand format et non plus soufflées. Pendant ces dix-sept années à la direction de la Manufacture de Saint-Gobain, il perfectionne toutes les techniques de coulage.

 

Le jour de son décès, des scellés sont apposés sur son logement afin que personne n’y pénètre. Il faut attendre le 19 octobre pour que Jean d’Amberland, avocat au parlement, réalise l’inventaire et la vente des biens de Louis Lucas de Nehou. Celui-ci est dressé en présence des représentants de ses héritiers : Pantaléon de Nerville, nouveau directeur de la Manufacture, représente Richard Henry Lucas de Couville, neveu du défunt ; Pierre Lucas de Couville, neveu du défunt, représente ses oncles et tante Jacques Lucas du Parc, Louis Lucas de Couville et Barbe Lucas ; François Justin d’Ammonville, de Sainte-Mère-l’Église, a la procuration de Marie-Madeleine Lucas, nièce du défunt ; Angélique Lucas, sœur du défunt, a envoyé son fils Alexandre Le Cler ; François Geoffrin a été désigné par les intéressés de la Manufacture. Il n’est alors fait que l’énumération de quelques billets portant mention de sommes dues par Louis Lucas de Nehou.

 

Cinq jours plus tard, il est procédé à l’inventaire et à la vente de l’ensemble des biens se trouvant dans la maison. Dans le premier temps, ce sont les vêtements qui sont listés et vendus : Louis Lucas possède une garde-robe de bourgeois avec cinq ou six vêtements de chaque type lui permettant une certaine hygiène ainsi que plusieurs paires de souliers. Sa bibliothèque est assez peu fournie, on y remarque la présence de la Bible et de plusieurs vies de saints. Deux pistolets sont adjugés 60 livres au directeur de la Manufacture tandis que son épée part à 20 livres à son neveu Le Cler.

 

Un mois plus tard, le 24 novembre, les héritiers se réunissent de nouveau. Il est alors listé l’ensemble des dettes de Louis Lucas de Nehou : il s’agit notamment de l’ensemble des frais engendrés par ses obsèques que ce soit pour le tailleur qui lui a confectionné ses habits mortuaires, le fossoyeur ou encore tous les frais afférents à sa présentation à l’église, soit un total 702 livres. Moins de 800 livres restent à se partager entre les héritiers : Jacques Lucas du Par et Louis Lucas de Saint-Luc, ses frères, Barbe et Angélique Lucas, ses sœurs, Richard Henri Lucas de Saint-Germain et Marie-Madeleine Lucas, ses neveux (enfants de son frère aîné Guillaume Lucas de Bonval).

 

Contrairement à ce que laisserait entendre sa position sociale, Louis Lucas de Nehou était peu fortuné, sa succession laissant apparaître une fortune bien moindre que certains bourgeois de Chauny ou officiers d’artillerie de La Fère.