La tuilerie d’Étampes

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En 1845, à la requête des administrateurs des hospices civils de Château-Thierry, le géomètre Jules Auguste Véron s’est transporté sur 41 communes des départements de l’Aisne et de la Marne pour procéder au mesurage et dresser le plan de 266 parcelles appartenant aux hospices et dont la vente est projetée.

 

Parmi ces parcelles, se trouve la tuilerie d’Étampes que représente le document ci-dessus. Cette propriété a été achetée par l’hôtel-Dieu de Château-Thierry en 1689 à Louis Pottier, avocat au Parlement, et à Françoise de La Grange épouse de Jean de Cœurrir, écuyer des gardes du corps du roi. Elle porte le nom de « Moulin d’Étampes ». Cette propriété est constituée d’une maison couverte en tuiles, de bâtiments annexes, d’un moulin à blé, de granges, d’étables, d’une cour et jardin, d’un cour d’eau servant au fonctionnement du moulin ainsi que d’une écluse. Vers 1770, la propriété est nommée dans les actes « moulin ou tuilerie ». Au XIXe siècle, elle prend le nom de tuilerie d’Étampes. En 1845, elle se compose de 2 hectares comprenant les bâtiments d’habitation et d’exploitation de la tuilerie, les terres en dépendant situées au levant desdits bâtiments, l’ancien étang du moulin ainsi que la place servant à faire sécher les tuiles avec un four.

 

Comme on le voit sur le plan, la tuilerie est effectivement entourée de plusieurs parcelles de terres labourables, bois, taillis et broussailles comme au lieu-dit « Les Aulnes », parcelle n° 32. Les noms des propriétaires sont mentionnés et les numéros des lots figurent aussi sur le plan. L’arpenteur effectue un travail d’une très grande précision, aussi bien dans la description que dans la réalisation du plan : l’ombre des arbres est ainsi représentée. Les plans sont exécutés à la plume et aquarellés. Le plan présenté ici est en très bon état et ses couleurs sont encore très vives. En parcourant les autres plans et en lisant les descriptions des parcelles, on déchiffre les codes couleur utilisés. Ainsi, sur ce plan, le géomètre représente en mauve les terres sur lesquelles sont plantées des vignes, comme on peut le voir sur la parcelle n° 30. Chaque plan s’accompagne d’un texte descriptif détaillant chaque parcelle. Pour chacune d’elle, le géomètre mentionne le nombre de lots mis en vente.

 

La tuilerie d’Étampes est vendue par les hospices en 1847, mais à un prix moins élevé que prévu. En effet, le tuilier, qui louait ces terres depuis 1842, n’a pas bien entretenu les bâtiments et a arraché les vignes sous prétexte que celles-ci gelaient chaque année et que la récolte se trouvait compromise. Ce non-respect des clauses du bail, constaté par expert, a donné lieu à un différend entre les hospices et leur ancien locataire et a dévalué la tuilerie.

 

Les plans d’arpentage sont donc une source importante qui permet de rédiger les baux et actes de vente dans lesquels figure une description détaillée des bâtiments et terres concernés. Ces documents figurés s’apparentent parfois à de véritables œuvres d’art.