Questionnaires pédagogiques

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La musique - Octobre 2012

image_8_4.jpg - <p class="description">Extrait d’un antiphonaire à l’usage de l’église Saint-Waast
 de Soissons, XVIIIe siècle
FRAD0024J31. Fonds Henry Luguet</p>

Extrait d’un antiphonaire à l’usage de l’église Saint-Waast de Soissons, XVIIIe siècle FRAD0024J31. Fonds Henry Luguet

Extrait d'un antiphonaire à l'usage de l'église Saint-Waast de Soissons

Un antiphonaire (du latin antiphona, « antienne », c’est-à-dire le refrain d’un psaume) est un livre d’église contenant les chants religieux interprétés lors des offices (cérémonies religieuses) dont l’usage remonte au VIIIe siècle. Il s’agit ici d’un extrait (folios 26 et 27) d’un de ces recueils, daté du XVIIIe siècle, utilisé dans l’église Saint-Waast de Soissons. 

Le répertoire des chants religieux était très vaste et il fallait souvent toute une vie d’ecclésiastique pour les apprendre. Il était donc impératif de noter paroles et musique, et donc d’établir des partitions, comme cela se pratique encore aujourd’hui. Le type de chant noté ici s’appelle le plain-chant ou chant grégorien (pour le nord de la France) qui existe dans l’Occident chrétien depuis le VIIIe siècle. Chant et notation sont donc contemporains, la nécessité de noter pour conserver apparaissant très rapidement. 

Le plain-chant (du latin planus cantus, « chant plat ») n’est ni mesuré, ni pulsé, on chante sur la déclamation « naturelle » du texte. Ce chant s’adresse en effet à Dieu et à son Eternité et se situe hors du temps humain qui est, lui, mesuré, compté, découpé. Il se chante a capella, c’est-à-dire sans instrument d’accompagnement. Il faut toutefois signaler que son interprétation au XVIIIe siècle, soit dix siècles après son invention, était fort différente de celle des origines en dépit des efforts de restauration de la pureté originelle de ce chant entrepris à la suite du Concile de Trente au XVIe siècle. 

Sur notre document les notes (en noir) sont indiquées sur des portées de quatre lignes tracées en rouge. En dessous de celles-ci figurent les paroles rédigées en latin, langue officielle des offices de l’église catholique jusqu’au Concile Vatican II (1962-1965). 

Cet antiphonaire était la propriété de l’église Saint-Waast de Soissons, aujourd’hui disparue. Fondée au IXe siècle, elle devint église collégiale au XIIe siècle et fut administrée par des chanoines jusqu’en 1780, avant d’être définitivement abandonnée par l’Eglise pendant la période révolutionnaire (transformée en fabrique de salpêtre en 1795). Une nouvelle église Saint-Vaast (et non Waast) vit le jour à Soissons en 1856, construite par l’architecte Emile Boeswillwald sur commande de la municipalité soissonnaise. Elle existe toujours et sert pour des offices religieux mais aussi des manifestations culturelles.