Occupation : Résistance et collaboration

Vie quotidienne : la faim et les bombes

Imprimer
4152_frad002_100_013_1_fi_affiches_87_1.jpg

Pour faire face, le régime de Vichy impose les premières lois de restriction, de collecte, de rationnement, de répartition et de taxation des denrées dès le mois d'août 1940 ; à l'automne 1941, le rationnement alimentaire est total. La loi du 23 octobre 1941 sur l'organisation du ravitaillement dans le cadre national, régional et départemental fixe durablement l'administration économique du pays. Désormais "c'est l'administration qui commande". L'intendance des affaires économiques de la région de Laon veille en particulier au ravitaillement de la population des départements de l'Aisne, des Ardennes, de l'Oise et de la Somme (Cf. brochure illustrée sur la puissance économique de la région de Laon).

 

Parallèlement, la Révolution nationale se traduit dans le monde rural et agricole par des mutations importantes. Pour encourager le retour à la terre et tenter de mettre un terme à l'exode rural, le régime de Vichy favorise la protection de l'habitat rural et développe l'électrification des campagnes (Cf. matériel de battage mécanique des céréales) ; pour augmenter le rendement des exploitations agricoles, le remembrement rural est imposé et des nouvelles méthodes de protection des cultures sont vulgarisées.

 

Malgré tout, l'historien Robert Paxton souligne que "la vraie voix de la France en 1942 est la protestation véhémente de l'estomac". Le ravitaillement tourne à l'obsession. La population civile est répartie en catégories, l'âge et le métier déterminant la teneur des rations attribuées. Des cartes de rationnement individuelles sont distribuées ; des tickets les accompagnent qui sont renouvelables périodiquement (Cf. tickets de rationnement, lettre d'une mère de famille sur la flambée des prix et lettre anonyme "Il faut donner à manger à tous les Français"). Les Français qui le peuvent cultivent leur jardin, d'autres encore glanent marrons, faines, glands et cynorrhodons. Le Secours national tente de venir en aide aux plus démunis et aux prisonniers de guerre (Cf. affiche du Secours national et tickets de solidarité).

Les infractions à la législation économique se développent ; pour lutter contre le marché noir, le régime de Vichy met en place une police du ravitaillement : le service du contrôle économique (Cf. lettre de dénonciation, prix du beurre au marché noir).

 

La population civile vit également dans la hantise des bombardements anglo-américains dont les effets sont particulièrement dévastateurs. Dans l'Aisne, les bombardements visent notamment les dépôts ferroviaires. Relativement imprécis, ils occasionnent de nombreuses victimes civiles. Les villes de Laon, Saint-Quentin, Gauchy et Tergnier sont particulièrement visées (Cf. photographies de la gare de Laon, rapport d'un chef d'îlot de la défense passive, tract du Secours national).

 

Ces bombardements et les victimes qu'ils occasionnent servent de support à une intense propagande : Allemands et Vichyssois tentent de faire naître des sentiments anti-américains et anti-anglais ; ils y parviennent en partie (Cf. propagande contre les bombardements anglo-américains).

4159_frad002_100_013_1_fi_affiches_87_1.jpg

La faim

11 documents


4197_frad002_100_013_969_w_317_marche_noir_1.jpg

Le marché noir

2 documents


4213_frad002_100_013_2_fi_laon_901_1.jpg

Les bombes

7 documents





 

Conseil général de l'Aisne - Archives départementales de l'Aisne - 28, rue Fernand-Christ - 02013 LAON cedex