Occupation : Résistance et collaboration

Occupation allemande, collaboration

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L'administration de la zone occupée est du ressort de la Heer, l'armée de terre allemande et le commandement de la Militärbefehlshaber im Frankreich s'installe à Paris. La Feldkommandantur (V) 602 occupe des locaux de la préfecture à Laon, des Ortskommandanturen sont mises en place dans les grandes villes.

D'anciennes infrastructures de l'armée française sont utilisées (Cf. plans français et allemand du dépôt d'hydrocarbures de Barisis). Des unités de la Luftwaffe (armée de l'air allemande) s'installent dans l'Aisne, un commandement de secteur d'aéroport, le Flughafen Bereichs Kommando 11/VI, compétent pour les unités stationnées sur les aérodromes de Laon et de Clastres, est installé à Laon entre juin 1940 et août 1944. Les Allemands construisent par ailleurs des fortifications : le camp retranché n°2 est construit à Margival dès 1942.

Un lourd tribut de guerre est imposé à la France : le montant des versements exigés pour couvrir les frais d'occupation prévus par l'armistice est fixé à 20 millions de marks par jour ! Les Allemands détournent également une grande partie de la production française à leur profit ; dans l'Aisne et les Ardennes la population civile assiste à une véritable colonisation agricole : la Wirtschaftsoberteilung (WOL) dépossède près de 250 000 agriculteurs.

 

Exception notable en Europe, les Allemands ont permis le maintien d'un gouvernement national. Le maréchal Pétain obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940, ce qui consacre la faillite de la IIIe République. Rapidement, le régime de Vichy, qui reste souverain en apparence, va se rapprocher des autorités allemandes : l'entrevue de Montoire du 24 octobre 1940 entre Pétain et Hitler favorise l'avènement de la politique de collaboration qui doit "être sincère" et permettre d'alléger "le poids des souffrances" des Français.

Corollaire de la collaboration, la Révolution nationale visant la "régénération" du pays se met en place autour du culte du maréchal Pétain et de la devise "Travail, Famille, Patrie". Pétain s'appuie sur les partis collaborateurs d'extrême droite qui commencent à se développer fin 1940-début 1941, parmi lesquels on peut citer le parti populaire français de Doriot (Cf. lettres et tracts du PPF), le Rassemblement national populaire de Déat ou encore le Francisme de Bucard. Le régime de Vichy fait siens les ennemis du Reich : la propagande devient antisémite, antibolchevique et antialliée. La Légion des volontaires français contre le bolchevisme est créée en juillet 1941, les hommes qui la composent combattent aux côtés des Allemands sur le front russe.

En 1942, pour répondre aux exigences grandissantes de main-d'œuvre des Allemands, l'État français instaure successivement la Relève puis le service du travail obligatoire (Cf. affiches et mise à disposition de main-d'œuvre pour l'organisation Todt, brassard d'un travailleur civil volontaire). Ces mesures, très impopulaires, achèvent de discréditer la politique de collaboration.

In fine, la collaboration, et sa politique de complicité active avec les Allemands, favorisent l'instauration d'une véritable guerre civile (Cf. lettre de dénonciation anonyme).



 

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